dimanche, juin 25, 2006

Privilège peu flatteur

jeudi 22 juin 2006, par Le Libre Tunisien

Le Libre Tunisien
Edition 1, numéro 3

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Le Libre Tunisien - 20 juin 2006

Dans la langue liste des domaines où la Tunisie tient les premières places mondiales, on peut aisément rajouter le privilège d’avoir « l’opposition la plus bête du monde ». Bien évidemment loin de moi l’idée de mettre en cause leurs capacités intellectuelles ou leurs équilibres psychologiques en doute, quoi que des fois on a légitimement le droit de le faire, mais il est question dans cette affirmation d’une bêtise politique et idéologique qui dépassent des fois les limites de la tolérance humaine.

Bien des choses ont changé en Tunisie depuis 50 ans : le régime, les mœurs, les sciences économiques, internet, la mondialisation et surtout les besoins des tunisiens. Notre opposition ? Elle n’a pas tellement changé dans les faits ! S’il existait en Tunisie un musée de la préhistoire, l’opposition tunisienne y tiendrait une place de faveur. On pourrait alors y observer des faucilles de Marxistes, Trotskistes, Léninistes, Maoïstes, des national-socialistes et que sais-je encore comme vestiges d’un passé pas très glorieux.

De ces vestiges, l’opposition « révolutionnaire », a gardé quelques reliques linguistiques de « la grande époque glorieuse ». Cette opposition ne défont pas des idées, elle ne se mobilise guère pour des opinions. Trop banal ! Elle mène des « combats » ! Comme s’ils venaient de battre avec le Che les sentiers de la compagne sud-américaine. On regardant de plus prêt ils sont aussi inoffensifs qu’un manche à balai contre un porte-avion ! A la première bousculade ils crient aux « tabassages en règle » et aux « agissements barbares ».

La palme revient à l’une de ces reliques qui crie à l’harcèlement et appelle à l’aide internationale dès qu’un passant s’attarde trop devant chez lui. Un autre, baathiste récemment reconverti dans le libéralisme alimentaire, un peu plus téméraire, appelle aux manifestations publiques sur les chaines de télévisions. Manifestations dans les- quelles il est le premier absent ! Quel culot diront les uns. Moi je dis que c’est une bonne manière de se répartir le boulot ! A lui les appels pompeux à la télé, aux tunisiens la matraque et les coups de pompes. Logique surtout pour un ancien collectiviste convaincu. Le rêve révolutionnaire de ces apparatchiks de salon refuse de mourir. Au sein de ces pseudo-formations politiques existe surement les derniers avatars vivants de la folie communiste.

L’existence de cette gauche révolutionnaire est encore présente dans les esprits des ces doux rêveurs. Le pire c’est qu’ils ont pour exemple une autre anomalie historique : la gauche française. Alors que tous les autres partis de la gauche européenne ont définitivement fait la paix avec l’économie de marché et montrent partout en Europe un pragmatisme insolent, la gauche tunisienne, à l’instar de sa grande sœur française, pense faire face aux défis actuels en renforçant le rôle de l’état. On sentirait pratiquement une pointe de nostalgie pour la folie collectiviste de Ben Salah !

Un certain « astre », pas très visible, appelait à l’indulgence et au soutien pour ces anomalies. Et de quelle manière ? En admettant tous ce qu’on vient de porter à leurs griefs. Par un raisonnement par l’absurde, il explique que bien qu’archaïques, bien qu’ils n’aient rien de démocratique dans leurs fonctionnements et encore bien qu’ils ne représentent absolument rien dans l’opinion populaire, c’est pourtant dans leurs seins que les jeunes militants pleins de bonnes volontés pourront aider leurs pays à trouver la voie du changement ! Alors maintenant, avant de changer le pays, il faut au paravent changer l’opposition ! Voila un chantier qui s’annonce encore plus difficile.

En suivant ce résonnement, et si ni l’archaïsme ni l’esprit totalitaire ne doivent dissuader les bonnes volontés d’intégrer un parti politique, il serait alors plus judicieux d’intégrer directement les rangs du RCD, le parti au pouvoir. Si pour changer le pays il faudrait au paravent changer ses partis politiques, l’acharnement thérapeutique serait plus judicieux sur un corps malade, mais encore en vie, que sur un cadavre.


SOMMAIRE

EDITORIAL .................................................page 2

ACTUALITES
- L’alcool en Tunisie : phénomène de société ou problème de santé publique
Selma Alouani & Chiheb Lakhoua..............................................page 3
- « Abus », « dépendance », c’est quoi la différence ?
Leila Fourati.......................................page 7
- L’islam et la consommation d’alcool
Walid Snoussi...........................................page 9

AFFAIRES INTERNATIONALES
- Bouteflika nomme un conservateur à la tête de son gouvernement
Malek Khadhraoui...........................................page 10
- Les femmes et les enfants oubliés de « la charte » de Bouteflika
Leila Fourati..............................................page 11
- Algérie : Des associations contre « la loi du silence »
Selma Alouani......................................page 12

REFLEXIONS ET OPINIONS

- Libéralisme : Le double avantage
Malek Khadhraoui..................................page 14

- Pour un retour aux sources libérales de l’Islam
Walid Snoussi.....................................page 17

HISTOIRE ET CIVILISATIONS

- Hannibal à Las Vegas
Hédi Dridi.......................................page 18

CULTURE

- Entretien avec le jeune réalisateur Najib Belkadhi
Hind Charbeji....................................page 20

- Fadhel Jaïbi fait honneur au théâtre tunisien..................................page 21

- Paris s’offre un nouveau musée
Chiheb Lakhoua.......................................page 22

SPORTS HORIZONS

- L’argent et la morale sportive Emine
Laribi.......................................page 23

PINCE-SANS-RIRE

- une solution ! Oui mais à quel problème ? Zahwa.........................................page 24


Le Libre Tunisien est un mensuel payant. Toutefois, nous le proposons, pour les prochains mois, gratuitement à tous nos lecteurs. Ceci ne vous empêche pas de soutenir le développement, la promotion et la production dudit mensuel en l’achetant en ligne.

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Le Libre Tunisien

mercredi, juin 07, 2006

Intervention de Mourad Dridi au Congrès fondateur d’Alternative Libérale, du 14 mai 2006, à La Cigale


Bonjour à tous,

Tous réunis ici, nous avons choisi d’être des femmes et des hommes libres. Nous tunisiens avons également choisi d’être des Hommes libres, d’être des libres tunisiens.

Aujourd’hui, après l’embrigadement des masses arabes par des idéologies totalitaires successives, le nationalisme, le socialisme et l’islamisme, convaincre de l’universalité de la liberté et de l’individu n’est pas une tache aisée. Surtout lorsqu’on est confronté à une certaine mauvaise foi idéologique qui voit dans l’individu et dans la liberté, des notions occidentales.

La pire des choses qui peut arriver à la liberté, c’est de se trouver confinée par des théories fallacieuses à un espace géographique, à l’homme occidental, à une culture chrétienne et à une classe bourgeoise. Les mouvements pro liberté chinois, bosniaques, géorgiens, ukrainiens, biélorusses, égyptiens, libanais ont montré, qu’indépendamment, de sa couleur, de sa religion, de son sexe, de sa classe, de sa culture ; l’homme est né libre.

Il est nécessaire de le rappeler au nom de notre combat pour la liberté. Qu’avant les John Locke, les John Milton. Qu’avant les penseurs libéraux du 18ème, 19ème et 20ème siècle, le Moyen Âge a connu des libéraux dont le penseur libre tunisien Abdar Rahman Ibn Mohamed Ibn Khaldoun. Ibn Khaldoun n’est pas seulement le père fondateur de la science économique et de la science sociale moderne mais il est surtout le premier qui a mis en avant, qu’une économie libre et un choix libre sont à la base d’une forte cohésion sociale, nécessaire à un pays stable.

Non, l’homme arabe ne porte pas en lui la servitude. Oui, je suis tunisien, oriental, de culture musulmane, d’un quartier populaire de Tunis, la cité Ibn Khaldoun, et je suis un homme libre. Oui, je suis libre parce que j’ai choisi d’être un homme libre. Oui, je suis libre parce que je porte la liberté en moi.

En revanche, tout au long du 20ème siècle les hommes politiques arabes ne se sont pas privés d’importer des idéologies totalitaires, comme le nationalisme et le socialisme, pour asservir leur peuple et se retrouver ainsi dans l’impasse.

Ce dont a besoin le monde arabe aujourd’hui, afin de renaître de ses cendres, c’est d’une deuxième phase libérale complémentaire, dans son essence avec celle initiée il y a plusieurs décennies par l’égyptien Rifaa Tahtawi et le tunisien Khair-Eddine Pacha.

Il est temps qu’une politique libérale, au vrai sens du terme, rende à l’homme arabe sa liberté naturelle. Cette liberté injustement confisqué par les pouvoirs successifs.

C’est de cette réalité arabe que la nécessité d’un mouvement libéral, populaire, réformiste et patriote, auquel j’appelle, trouve toute sa plénitude pour sortir la Tunisie du blocage sociétal, économique et politique dans lequel elle se trouve.

Ce mouvement libéral tunisien ne peut avoir aujourd’hui d’autre finalité que celle de créer les conditions nécessaires et les institutions adéquates pour que la liberté inscrite en l’homme soit vécue par tous les Tunisiens.

J’entends par Institutions adéquates, des institutions libres et indépendantes, dont l’objectif est d’être un rempart pour la liberté individuelle et qui ont un pouvoir de contrôle et de destitution. Cela pour deux raisons essentielles :

- D’une part, parce que sans limitation de ses pouvoirs, tout homme est un despote ou un dictateur potentiel. Si aujourd’hui, le régime tunisien est un régime liberticide et que Ben Ali est un despote, c’est essentiellement parce les institutions du pays sont incapables de jouer leur rôle en cas de violations de la constitution ou de la loi. Je ne dis pas cela pour dédouaner Ben Ali mais pour insister sur un risque : tout opposant qui appelle au départ de Ben Ali est susceptible de se comporter exactement comme lui s’il se retrouvait à la tête de l’Etat.

Or, je ne conçois pas notre combat pour la liberté en Tunisie comme un combat pour la substitution d’un despote par un autre, à l’instar de la ferme des animaux de George Orwell.

- D’autre part, parce que les institutions libres et indépendantes sont les seules garantes d’une alternative pacifique même dans le cas de l’ascension des islamistes au pouvoir. Le modèle turc constitue un excellent exemple à méditer.

Afin de débloquer la situation dans laquelle se débat le monde arabe, il faudra intégrer les islamistes dans le jeu démocratique, voir faire l’expérience des islamistes au pouvoir. Parce qu’à l’instar de ce qui s’est passé hier avec le socialisme. Il y’a fort à parier que c’est l’exercice islamiste du pouvoir qui tuerait l’islamisme, en montrant que l’islam politique ne peut pas être la solution aux problèmes de la cité.

Il s’agit là de l’enjeu politique des prochaines décennies.

Dans le cas de la Tunisie, seul un mouvement libéral, porteur de la conscience et des aspirations du peuple tunisien, est capable de nous sortir de la paralysie sociétale et politique actuelle, en conciliant la liberté et l’intégration des islamistes tunisiens à la démocratie libérale.

Il est temps pour les libéraux indépendants, les libéraux du parti au pouvoir, les islamistes libéraux de se retrouver autour d’une plate-forme politique libre les plaçant au centre de l’échiquier politique. Pour enfin proposer aux tunisiens une alternative réelle et crédible et donner aux institutions tunisiennes une légitimité qu’elles n’ont jamais eu.

Merci

samedi, mai 20, 2006

Patriotisme utilitaire !


Le Libre Tunisien
Edition 1, Numéro 2

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Couverture de, Le Libre Tunisien, du 20 mai 2006

Il existe un sentiment très cher aux acteurs de la scène politique tunisienne : le sentiment patriotique. Véritable fonds de commerce inépuisable et adaptable à toutes les idéologies. Qu’ils soient au pouvoir, dans l’opposition ou le cul entre deux chaises, ils se proclament tous de ce sentiment. Chacun d’eux renchérissant sur les autres en ferveurs patriotiques. Chacun à sa manière et selon son intérêt use et abuse de ce mot magique qui s’est transformé au fil des temps en une superstition artificielle alimenté par toute une faune de fossoyeurs « patriotiques ».

La folklorisation du patriotisme et le renforcement de l’Etat-Nation par les pouvoirs en place, la volonté de sa perversion en nationalisme totalitaire par certain, voir en fanatisme religieux par d’autres, constituent autant de truchements aussi subtils qu’efficaces pour ancrer dans les esprits, une identité collective, comme seule identité possible pour l’individu. Ils espèrent par cet artifice trouver le moyen de sceller leurs destins à celui du pays et se prémunir ainsi du jugement de leurs « compatriotes ». Les uns appellent à l’altruisme et à « l’amour de la Patrie » pour accomplir leurs desseins égoïstes, d’autres sous leurs vœux d’union œuvrent pour la discrimination et l’exclusion. Drôle de réalité où l’on appelle à l’altruisme au nom de l’égoïsme, où l’union conduit à la discrimination.

Les tenants du pouvoir, dénoncent « le manque d’esprit patriotique » de ceux qui tentent de « porter préjudice à la Tunisie et à son image ». Vous me direz que cette déclaration est pleine de bons sens pour tous ceux d’entre nous qui aimons notre pays. Cela aurait été le cas si par « Tunisie » il ne fallait pas comprendre : le régime en place ! Détenteur de la loi et à qui revient le droit d’administrer le signifiant de ce qu’est ou non un « patriote ». Certainement quelqu’un qui ne questionne pas, qui ne critique pas, avec une mention spéciale pour ceux qui ne pensent pas ! Encore un signe ostentatoire de ce patriotisme utilitaire et une preuve de cette volonté flagrante de lier notre image collective à celle de l’état et à ceux qui le gouvernent.

L’opposition « démocratique » et « éclairée » ne fait pas mieux ! Les uns, par patriotisme, figurez-vous, crient leurs hontes dés que tel ou tel événement est organisé en Tunisie ou que tel ou tel personne ou pays salue, félicite ou encourage notre pays. « Nous disons au monde entier que c’est une honte d’organiser un tel sommet dans un pays ou il n’y a pas de liberté de presse. (En occurrence la Tunisie !) », avait déclaré une des figures de la gauche tunisienne. Plus récemment et à la suite de la candidature de la Tunisie pour siéger au nouveau machin onusien, un autre faiseur d’opinion a appelé à « une opération coup de poing contre cette candidature indigne de la Tunisie de Ben Ali pour ce siège prestigieux » ! Pour être patriote il faut désormais porter la honte universelle sur soi ou carrément se sentir indigne d’exister parmi les nations. Certainement une autre définition du patriotisme !

Les définitions du patriotisme tel qu’elles sont diffusées et pratiquées dans notre pays découlent d’un patriotisme utilitaire. Un moyen efficace pour éviter les critiques et les questionnements envers ceux qui possèdent les bénéfices de ces pseudo-alliances patriotiques. Qu’ils soient religieux, exacerbés, raciaux ou étatiques, ces appels au sentiment patriotique ont été, au cours de ces dernière décennies, le facteur déterminant dans la perte de l’individualité au bénéfice de symboles artificiels brandis ici est là par des marchants sans scrupules.

Dans sa définition du patriotisme, Mark Twain dit : « le patriotisme c’est : soutenir son pays tout le temps, et soutenir son gouvernement quant il le mérite ». C’est déroutant de bon sens mais nous sommes tentés de rajouter : « ...et s’opposer à toute personne qui tenterait d’usurper l’image du pays pour accomplir ces desseins personnels »...

N.B : Nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour ce retard dans la publication de ce numéro 2 du mensuel Le Libre Tunisien, dû à des problèmes techniques rencontrés pendant le week-end.


SOMMAIRE :

EDITORIAL :......................................page 2

ACTUALITES
- L’économie tunisienne à l’épreuve du pétrole cher
Selma Alouani & Chiheb Lakhoua.......................page 3
- La crise iranienne maintient le prix du pétrole à la hausse
Fraj Brik............................................page 6
- Le combat de Chahrazed Akacha pour sa liberté de penser
Malek Khadhraoui ....................................page 7
- Le discours de Mourad Dridi au congrès d’Alternative Libérale
Mourad Dridi.........................................page 8

AFFAIRES INTERNATIONALES
- Entretien avec Aurélien Veron, cofondateur d’Alternative Libérale
Malek Khadhraoui....................................page 10
- Changements d’attitudes envers la Syrie
Leila Fourati.......................................page 13

REFLEXIONS ET OPINIONS
- Préserver notre avenir économique avec une stratégie verte
Sadri Sarray........................................page 14
- Les origines Nazies du social-socialisme arabe
Malek Khadhraoui....................................page 16

HISTOIRE ET CIVILISATIONS
- Romans go home ?
Hédi Dridi..........................................page 18
- Identités plurielle, histoire plurielle ?
Cyrine Ben Hamouda................................. page 20

CULTURE
- Gustave Klimt, l’anticonformiste
Walid Snoussi.......................................page 22

PINCE-SANS-RIRE
- Rira bien qui rira le dernier !
Zahwa...............................................page 24

jeudi, avril 20, 2006

Le pouvoir et l'action

Le Libre Tunisien
Edition 1, Numéro 1



Couverture de, Le Libre Tunisien, du 20 avril 2006

La politique, dans sa définition la plus noble est synonyme d’action et de proposition. Toute prétention politique doit forcement s’accompagner, pour être crédible, de propositions tangibles et de perspectives claires. A défaut, elle se transforme en une course effrénée et pathétique pour le pouvoir. Le pouvoir non plus comme un moyen d’action positive, mais le pouvoir en tant que fin en soi.

Le mouvement, communément appelé, « mouvement du 18 octobre », qui, toute proportion gardée, peut être considéré comme l’action politique d’opposition, la plus aboutie depuis 1987, a révélé un fait inédit. Une configuration nouvelle qui, si elle est prise à sa juste mesure, pourrait changer à jamais la réalité de la scène politique tunisienne. Ce qu’a confirmé l’après 18 octobre c’est l’existence en Tunisie d’une nouvelle forme d’oppositions. A l’instar du pou -voir pour le pouvoir, il existe maintenant, l’opposition politique comme un moyen d’exister ; L’opposition comme une fin en soi.

Une fois la fièvre de cet élan démocratique du 18 octobre retombée, et tous les beaux discours d’unions et de concertations se sont transformés en une grande sauterie politicienne, la nature profonde de chacun des protagonistes a repris le dessus. La nature de ces tractations entre les forces politiques d’opposition n’était pas de savoir comment faire pour être à la hauteur des espérances suscitées, mais comment faire pour étendre un peu plus son pouvoir d’opposant !

Alors que l’action et la proposition, donnent à la politique tout son pouvoir, l’action et la proposition sont devenues, pour l’opposition tunisienne, leurs pires ennemis. Cette peur viscérale de l’action et le manque de projets qui la caractérise, reflètent principalement, l’incapacité de l’opposition actuelled’apporter une critique constructive aux actions du pouvoir en place. En dehors de ce qui sert le pouvoir à se maintenir, à savoir la répression, la censure et l’intimidation, inévitable au sein d’un régime totalitaire, les forces politiques d’oppositions n’arrivent pas à formuler la moindre contre proposition, le moindre projet d’alternance crédible.

Pour pallier à ce manque d’idées, les chefs de files de l’opposition dite « démocratique » ont choisi la solution de la facilité. En anaphore au désert intellectuel qui caractérise leurs rangs, ils appellent à la révolution et au soulève- ment populaire. De la phraséologie, pour remédier aux manques de propositions ! Ce qui consiste en somme à vendre de l’utopie pour pouvoir condamner ce qui existe par ce qui n’existe pas.

La force politique en place, en plus de posséder le pouvoir absolu, se trouve être dans les faits le vrai moteur de l’action politique, économique et sociale dans le pays. Le régime actuel, en plus de faire le nécessaire pour s’accaparer le pouvoir, tante tant bien que mal de s’inscrire dans une logique d’action. Apres presque vingt années du même pouvoir politique, personne ne peut contester que le vecteur du progrès soit incontestablement positif.

Toutes les forces vives de cette nation qui acceptent par défaut le pouvoir politique en place, ont indubitablement fait le choix de l’action. Ils acceptent de payer de leur liberté cette action, en étant convaincu que c’est le prix à payer pour ne pas se complaire dans les affres de l’immobilisme et la régression. Entre être « des chiens errants » selon le vocabulaire d’un baron de l’opposition, partir en croisade contre des moulins à vent ou sacrifier une partie de leurs libertés pour aller de l’avant, et cela même, à pas de tortu, les tunisiens semblent avoir choisi...mais avaient-ils vraiment le choix ?

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SOMMAIRE :

EDITORIAL :.............. page 2

ACTUALITES
- Grippe aviaire : Pourquoi les tunisiens doutent-ils des déclarations officielles ?
Malek Khadhraoui...........page 3
- Grippe aviaire : quels risques pour l’Homme ?
Chiheb Lakhoua.............page 4
- Rapprochement stratégique entre la Tunisie et l’Algérie dans le domaine des hydrocarbures
Selma Alouani...............page 6
- Pour la promotion d’une économie libre
Mourad Dridi..................page 8

AFFAIRES INTERNATIONALES
- Menaces américaines de frappes nucléaires sur des sites stratégiques iraniens
Malek Khadhraoui...........page 9
- La communauté internationale hésite devant l’intransigeance de l’Iran
Walid Snoussi..............page 10
- L’Ukraine peine à se libérer de l’emprise de son voisin Russe
Leila Fourati.................page 11

REFLEXIONS ET OPINIONS
- Discours et réalités des clans de la démocratie en Tunisie
Mokhtar Yahyaoui.........page 13
- Toutes les économies libres mènent à la liberté
Mourad Dridi................page 17

HISTOIRE ET CIVILISATIONS
- histoire, mémoire et identité où les piliers de la conscience citoyenne
Cyrine Ben Hammouda..page 20

CULTURE
- Anselm Kiefer, majestueux !
Fraj Brik......................page 22

PINCE-SANS-RIRE
- Péage douloureux
Zahwa........................page 24

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Pour consulter le mensuel, Le Libre Tunisien : Le Libre Tunisien

mardi, mars 21, 2006

Le Libre Tunisien




Au lendemain de la commémoration du 50ème anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, et en dehors du rituel d’appels stériles, de manifestations avortées et des communiqués vains, peut on trouver plus beau symbole pour fêter le début du printemps libre tunisien, que celui du lancement d’un nouveau mensuel, Libre et Tunisien. Un mensuel libre de ces choix, libre de ces opinions, ne s’opposant qu’à la médiocrité et ne prenant parti que pour l’intérêt de notre pays.

Cette première édition du Le Libre Tunisien, est, le début d’une nouvelle relation, que nous voulons développer avec nos lecteurs afin de remettre les tunisiens au centre des préoccupations sociales, politiques, économiques, etc... Le Libre Tunisien se propose d’offrir un regard nouveau sur la réalité tunisienne, en ne s’arrêtant pas à l’événement mais à ses implications sur le quotidien de nos lecteurs. Partir de l’actualité pour explorer se qu’elle renferme, tel est notre credo !

Le Libre Tunisien, mensuel de réflexion et de proposition, donne la parole à tous ceux, qui par leur engagement citoyen, la prennent, la portent et la diffusent. Loin de la « martyrisation » et des larmoiements stériles, nous nous efforcerons à apporter l’éclairage nécessaire sur les questions politiques, économiques et sociales qui affectent notre quotidien. Le Libre Tunisien, fait de la réflexion et de l’élaboration de propositions objectives, sa ligne éditoriale.

Le Libre Tunisien est aussi un mensuel indépendant, financé exclusivement par l’association Le Libre Tunisien, ainsi que par le produit de sa vente. Pour assurer son indépendance éditoriale et garantir à ces lecteurs une information de qualité, nous le proposant à la vente dans les prochains numéros sur le site Internet de l’association, Le Libre Tunisien. Le Libre Tunisien, cherche aussi à proposer une édition papier, mise à la disposition de nos lecteurs dans les Kiosques à journaux des principales villes francophones, dont les grandes villes tunisiennes.

Les recettes générées par la vente du mensuel serviront à pérenniser sa parution et à couvrir les frais de sa production. Ceci s’inscrit dans une logique d’engagement, de valorisation du travail de nos rédacteurs tunisiens et de la mise en place d’une relation de partenariat entre le mensuel et ses lecteurs. Ils seront, nous l’espérons, ses meilleurs porte-parole. Aussi, Le libre Tunisien envisage de rémunérer ses collaborateurs tunisiens résidant en Tunisie.

Enfin, ce numéro est le premier d’une série que nous espérons longue. Au fil des prochaines parutions, Le Libre Tunisien s’enrichira de nouvelles rubriques, toujours en réponse aux attentes de nos lecteurs. Pour cela, nous comptons sur vos contributions, vos suggestions et vos remarques, pour rendre ce magazine à l’image de ces lecteurs : à votre image.

Le mensuel Le Libre Tunisien est publié le 20 de chaque mois.

Aujourd’hui, le Libre Tunisien est née, à vous d’opter pour la liberté des Tunisiens.

mardi, février 14, 2006

(Je suis désolé, trés désolé) أنا أسف, أسف جدآ

Je suis con. Je suis con d’avoir voulu me séparer de mon essence. Je suis con, alors que ta voix, ton visage, ton parfum, tes cheveux, tes yeux, tes mains, me rappelaient à toi et à nos années à venir, moi, j’étais entrain de me noyer dans notre passé. Je suis con d’avoir voulu espérer un mirage d’existence alors que toi, tu étais entrain de m’offrir ta vie.

Je regrette mes égarements, qui me faisaient chercher des leurres de ton âme, parce que la distance et le temps commençaient à me peser. Je regrette toutes les secondes qui ont détourné mon existence de la tienne alors que mon âme est ton âme. Je regrette tout le temps où je n’ai pas pensé à toi alors que tes pensées sont mes pensées. Je regrette la peine que j’ai causée à ton cœur en punissant le mien. Je regrette tout le mal que je t’ai fait en me faisant mal.

Je suis con. Je suis désolé, désolé d’avoir été aussi aveugle. Je suis con, désolé d’avoir projeté mon amour pour toi sur mes errances. Je suis con, désolé d’avoir été aussi con, lorsqu’il fallait ne pas l’être.

Mais ce mauvais passé là, je ne peux que le maudire, et avec lui maudire toutes mes péripéties. Moi, c’est toi que je veux, parce que c’est toi. C’est toi que je veux, parce que tu es la femme qui fait chavirer mon cœur, qui souffle dans mon âme et qui anime mon corps. C’est toi que je veux, parce que mes sentiments n’existent que pour être tes sentiments et parce que mes yeux n’existent que pour t’admirer. C’est toi que je veux, parce que mes mains n’existent que pour te tenir par la main et parce que mon coeur n’existe que pour t’aimer. C'est toi que je veux, parce mon coeur, mon âme, mon être, mon tout n'existent à présent que pour t'aimer.

Je te dédie ces chansons qui parlent à mon âme, sachant qu’elles parleraient aussi à la tienne.

Pour l’amour de La Femme.


(tout seul avec mon verre) وحدي أنا والكاس


لو كل عاشق في الهوى يختار نصيبو

ما كانش عاشق يا هوى فارق حبيبو

ما تعاتبونيش يا أهل الملام ما تعاتبونيش

ما تعاتبونيش يا أهل الملام وإدعو معايا

لكل مجروح في الهوى يلقى طبيبو

حبيته أيوه وغيره هوّ ما هويـــت

وفي بعده عنّي بحس إني إنتهيت

لكن نصيبنا نصيبنا كل واحد مننا

يمشي لوحده في الطريق ويقول يا ريت

مكتوب لقلبي بعد قلبو يعيش حزين

وأقول يا روحي بعد روحي أعيش لِمين

يا ريت بإيدنا بأيدنا تاني نجمع شملنا

ويعود حبيبنا حبيبنا يحضن الأشواق يا ريت



كل يوم بيفوت في بعدك

ألقى طعم الشوق ألم

ليه تعز عليّ ودّك

ودّ قلبي اللي انظلم

أصلي ياما تهت قبلك

بس قلبي لمّا قابلك

قد إيه حسّ بألم

علّي ضاع من عمري قبلك

إبتديت أحسب عمري بالدقايق والثواني

أصلي ما حسيتش عمري إلا لمّا هواك ناداني

لمّا قلبي حس حبّك ولمّا قلت إنّي بحبك

شفت فيك الدنيا دنيـــــــا

شفت عمري بشكل تاني

أصلي ياما تهت قبلك

بس قلبي لمّا قابلك

قد إيه حسّ بألم

علّي ضاع من عمري قبلك

ليه تغيب لو ثانيه عنّي وانت للاشواق مداوي

دنتَ وعدي وحتَّه منّي إمتى تجمعنا الحكاوي

نفسي أحكي نفسي أقلّك بعد منّي إيه فاضلّك

تسوى إيه الدنيا عندي

قللي إيه بعدك تساوي

أصلي ياما تهت قبلك

بس قلبي لمّا قابلك

قد إيه حسّ بألم

علّي ضاع من عمري قبلك

حياتي انا , روحي انا , حبيبتي انا ...

انا اسف لاني مكنش غصب عني

بين الزحام ادوب وارحل بين الدروب

وعن حبك اتوب .. اتوب ..

وارحل بين الدروب

مكنش غصب عني مكنش غصب عني

انا اسف ...

ونسيتك وبارادتي وبقيت عالشوق بخطي

اتاريني غرقت مني , ونسيت في عنيك شطي

ومشيت وسط الليالي ولا كان يخطر ببالي

بين الزحام ادوب وارحل بين الدروب

وعن حبك اتوب .. اتوب ..

وارحل بين الدروب

مكنش غصب عني مكنش غصب عني

انا اسف ...

وبايدي نسيت عينيكي لكن ندمان عليكي

وانا مهما حاولت انسى بياخذني الشوق اليكي

وما فيش بايدّي حيله غر الذكرى الجميله

بين الزحام ادوب وارحل بين الدروب

وعن حبك اتوب .. اتوب ..

وارحل بين الدروب

مكنش غصب عني مكنش غصب عني

انا اسف ...


dimanche, février 12, 2006

L'opposition caricature

Après l'opposition de carton et l'opposition alimentaire, voici l'opposition caricature (Cliquer sur l'image pour bien lire les bulles qui lui sont associées).